Le 28 juillet 1830 : La Liberté guidant le Peuple, Delacroix
Candidate à la présidentielle de 2007, battue par Martine Aubry pour diriger le Parti socialiste, Ségolène Royal continue de faire
entendre, au sein de la gauche, une musique particulière.
Vous ne vous êtes pas réjouie du renvoi de Jacques Chirac devant le tribunal correctionnel…
Ségolène Royal.
L’exemplarité doit être la première valeur d’un dirigeant politique. Mais le temps a passé et, pour ne pas altérer l’image de la France ni celle de la fonction présidentielle, je pense que la
tranquillité doit être accordée à Jacques Chirac. Cette affaire vient de démontrer l’utilité du juge d’instruction pour que la justice soit la même pour tous.
Vous avez dit être favorable au débat sur l’identité nationale lancé par Eric Besson. Etes-vous prête à y participer ?
Pendant la présidentielle de 2007, vous aviez parlé du drapeau tricolore, chanté « la Marseillaise » dans les meetings. Pour vous, l’identité nationale passe par ces symboles forts ?
Est-ce une mise en cause de la politique de Sarkozy ?
Source : Le Parisien
Bien sûr. Quand une politique creuse les inégalités, cela porte atteinte au ciment de la nation. Ce qui met en cause l’identité nationale, c’est cette politique et sa succession de scandales qui
dégradent l’image de la France à l’étranger. Ce sont les conséquences d’une politique au service des privilèges, du népotisme, de politiques fiscales injustes… Garantir l’égalité réelle, voilà le
premier fondement de l’identité nationale.
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Il y a beaucoup de choses dans la nation : l’histoire, les valeurs, les symboles, mais aussi l’avenir. L’identité nationale ne se forge pas uniquement dans la fascination du passé. Je n’ai pas
cette approche très conservatrice. Mais je crois que l’identité nationale française se réfère essentiellement à la Révolution française, c’est-à-dire la lutte contre les privilèges, la question des
libertés, des solidarités, de la fraternité. Ce débat, je ne le crains pas. Car il peut mettre en valeur les clivages entre l’instrumentalisation d’une identité nationale définie de manière
restrictive, qui se confondrait avec une forme de nationalisme, et une identité nationale qui, elle, est bien ancrée sur les valeurs républicaines : liberté, égalité, fraternité.
C’est un débat dont j’ai repris l’initiative en 2006, comme le prouvent les textes de mes discours qu’on peut lire sur le site Désirs d’avenir. Je n’ai donc pas attendu aujourd’hui pour donner ma
vision de cette question centrale. Il est dommage que la justice n’ait pas eu les moyens d’être rendue plus tôt.