Interview de Marta Garcia et Francis Piegza, fondateurs de Désirs d’avenir à Paris
Marta, Francis, vous êtes les co-fondateurs de DA en 2006 : d'où vous est venue cette idée ?
Lorsque le site de DA national a été mis en ligne fin janvier 2006, il y avait une rubrique « contact ». Chacun de notre côté, sans nous connaître, nous
avons posté indiquant que nous étions intéressés à participer à la création d'un comité de soutien parisien. Deux ou trois semaines plus tard, nous avons été conviés à une première réunion le 15
mars 2006, par une militante, Barbara, qui pour des raisons professionnelles a dû déménager en province peu de temps après. Lors de cette première réunion nous étions 14 avec des personnes qui
venaient de la proche banlieue comme Dominique Millecamps et Nicolas Gatineau, du 92, ce dernier aujourd'hui membre du Conseil fédéral du 92, ou Jean Lacassagne. Ce jour-là, Pascal Tallon était
également présent pour nous présenter la charte des comités et nous fournir les éléments pratiques pour nous organiser.
Quelles étaient vos motivations ?
Francis : Après le choc des élections présidentielles de 2002, je ne me suis plus reconnu dans le fonctionnement traditionnel de la politique. Je trouvais qu'il n'y avait pas assez de réflexions sur le renouveau et me posais beaucoup de questions sur l'élection de 2007. En décembre 2005, je découvre un peu mieux Ségolène Royal grâce à une interview. Elle n'appartient ni à un courant politique, ni à une écurie présidentielle, et j'ai été séduit par sa liberté de ton et une proposition politique importante : la démocratie participative. Ce sont les raisons principales de mon engagement.
Marta : Mes motivations de départ étaient simples. J'avais entendu Ségolène Royal à la radio présenter le site de Désirs d'avenir et son concept participatif... Ça a été le déclic : elle se différenciait totalement par rapport aux autres politiques à travers sa méthode que je trouvais juste et inédite en politique. Elle défendait une nouvelle approche basée sur l'expertise citoyenne... et sortait enfin du paradigme du « top-down du sachant ». Je n'avais encore jamais rencontré une telle position d'ouverture sur un projet de société d'une telle envergure. Elle a, à mon sens, amorcé un renouvellement des pratiques politiques... et notamment celle d'impliquer le citoyen et de faire une campagne participative... Les élections qui ont suivi les présidentielles se sont d'ailleurs aussi fortement inspirées de ce qui avait été initié à l'époque comme les cafés citoyens/politiques, anciennement Cafés Ségo, que nous avions créés à Paris... N'oublions pas que même si Désirs d'avenir ne se résume pas à une méthode, nous savons bien que la méthode en elle-même, tout comme la forme, traduit une posture et un état d'esprit ...
Quelle a été votre implication respective ?
Francis : Très vite avec Marta nous avons pris des responsabilités à DA 75, nous avons organisé la deuxième réunion de DA Paris début avril où nous avions invité Dominique Méda et Alain Lefèbve, nous étions 74 participants ... Il y avait tout à organiser puisque rien n'existait, ce fut une période intense, créative, motivante. En ce qui me concerne, j'avais créé un groupe de communication qui s'intitulait " Inventons Sans Cesse ", destiné à réfléchir aux actions que l'on mènerait, à mettre en place des activités, à inventer un logo, trouver un nom pour notre comité, etc. Pour ce faire, j'ai demandé un blog unique (pas de blog "clé en main"), avec une ligne éditoriale différente, ainsi est né " Segoleneparis " dont je me suis occupé jusqu'au début de cette année, plus de 600 000 connections durant cette période, avec des vidéos " faites maison " ; je continue d'ailleurs à tourner pour DA et l'Espoir à gauche.
Marta : Comme à chaque création/lancement, il faut à un moment donné s'organiser d'autant plus que les adhésions ont crû de manière exponentielle en quelques mois... et les circonstances ont voulu que je prenne en charge la coordination de Paris... Cependant, je n'ai jamais travaillé seule et ça a été avant tout un TRAVAIL d'EQUIPE avec bien entendu Francis, puis très rapidement Loly Clerc... Mon idée était de déléguer un maximum et surtout de responsabiliser très vite les adhérents sur des actions à mener. Ne pas « centraliser » le pouvoir sur quelques décisionnaires afin de ne pas tomber « à nouveau » dans un schéma « classique » d'organisation ... Cet état d'esprit m'a également amenée à « transmettre » la coordination Paris à Christine Frey, qui a depuis réalisé un travail remarquable d'organisation et de mobilisation des adhérents.
Aujourd'hui les raisons sont-elles toujours valables ? et toujours les mêmes ?
Francis : La situation a évolué, entre temps il y a eu l'élection présidentielle, le Congrès de Reims, la création d'un courant propre à notre sensibilité, mes diverses implications font que ma disponibilité n'est plus la même. Mais les raisons qui m'ont motivé pour suivre Ségolène Royal sont toujours les mêmes avec des références supplémentaires : le « faire de la politique autrement », dont j'ai appris le sens strict du terme de par mes expériences diverses et variées au PS, l'élaboration du socialisme du XXIème siècle, défendre la République métissée... Ces engagements se trouvent dans une formule simple : la Révolution démocratique.
Marta : Oui, évidemment. Mes motivations sont encore plus fortes car je reste persuadée qu'un projet de
société doit se construire avec le plus grand nombre et en y associant toutes les différences. Ça a été une des raisons d'être de DA et elle reste largement d'actualité.
Qu'attendez-vous de l'évolution de DA ?
Francis : DA doit se structurer, ce fut une des décisions prises lors de l'AG ; DA doit être une force de propositions des différences, cela va être fait avec les Universités de la Connaissance ; DA se doit d'être festif, les fêtes de la Fraternité en seront l'essence ; enfin DA doit se conjuguer avec Espoir mais Ségolène Royal déjà en est l'étendard.
Marta : J'attends que DA continue à se développer en nombre d'adhérents car cela signifiera que de plus en plus de citoyens s'impliquent dans la construction de leurs désirs d'avenir. J'espère que DA saura également préserver cette liberté d'actions et de co-construction dont j'ai pu bénéficier. Aucune censure et toujours une liberté pour mener toutes nos idées à terme.
DA doit aussi continuer à offrir aux adhérents un espace de réflexion et de réalisation, accessible à tous et garantissant une liberté d'expression et de création de nouvelles idées autour de valeurs de gauche.
Votre engagement à DA a-t-il eu une continuité au PS ?
Francis : Oui, aujourd'hui je suis membre de l'Union Régionale et de facto membre de droit au Conseil Fédéral et de la CA de ma section.
Marta : Oui ; dans un premier temps mon engagement au PS s'est fait dans la logique de mon soutien à la candidature de Ségolène Royal puis dans un second temps un engagement plus militant qui s'est développé à travers mes nouvelles responsabilités. Je suis aujourd'hui élue (conseillère d'arrondissement), et membre du Conseil Fédéral.